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22 juillet 2011

«Bastion», pourquoi en faire toute une histoire?

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Avec peu de moyens, on peut réussir des bijoux vidéoludiques. La preuve: «Bastion», réalisé en vingt mois par une équipe de sept personnes. Cette année, ce jeu d'action-RPG est jusqu'ici le meilleur titre indé sorti sur le Xbox Live Arcade. Graphismes en 2D réalisés de manière artisanale et amoureuse, gameplay lissé, scénario intéressant et, surtout, une idée géniale: accompagner le joueur tout du long par la voix d'un narrateur.


Depuis l'atmosphérique «Limbo» du studio Playdead, je n'avais pas été autant captivé par un jeu indépendant sorti sur le Xbox Live Arcade. «Bastion» partage d'ailleurs avec ce dernier un point commun: le héros est un gamin qui ne prononce pas une parole. Dans «Bastion», il s'appelle Le Kid. «Limbo» insufflait au joueur un grisant sentiment d'abandon. Ici, c'est tout le contraire. «Vous ne serez jamais seul, j'en fais la promesse», assurait la bande-annonce en août dernier. Promesse tenue.

Accompagnés par une voix

La voix d'un narrateur accompagne en effet le joueur pendant les huit heures que dure le périple. Elle décrit les environnements et les monstres, reviennt sur leurs origines, elle interprète les actions du Kid, les mettant en perspective, comme si elle l'inscrivait minute par minute dans une légende. Les commentaires ne tournent toutefois jamais à la diarrhée verbale, en évitant la redondance avec ce qui est présenté à l'écran.

J'ai joué à «Bastion» en anglais. Or, un problème qu'on peut rencontrer, c'est la lecture des sous-titres PENDANT les scènes de combat. Il n'existe actuellement pas de version française. On ne se privera donc pas du timbre chaud et velouté de Logan Cunningham (ici en photo à l'E3 2011), qui compose un excellent narrateur.

Un travail d'artisans

Le charme de «Bastion» est renforcé par les couleurs chaudes de l'environnement, de somptueux graphismes en 2D, qu'on devine minutieusement peints à la main. Du travail méticuleux et amoureux d'artisans-développeurs. Le décor surgit au fur et à mesure des pas du Kid. Comme si hors champ, il y avait une immense page blanche qui attendait que le héros y écrive son épopée. Celle que raconte «Bastion» commence dans une chambre au réveil du Kid (comme au début de «Limbo», où le personnage ouvre les yeux). «Bastion», c'est la fin d'un monde, c'est la «Calamité» qui a transformé des hommes et des enfants en figés pompéiens. Le reste est livré aux monstres.

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Bien sur mon île

Le point d'ancrage de l'aventure se nomme «Bastion», une île flottant dans les airs, que le Kid va rebâtir sur ses fondations. Temple, arsenal, mémorial... Afin de les construire, il rassemble les «noyaux», dispersés dans plusieurs niveaux. Rien de nouveau sous le fracas du RPG-fantasy: on se balade avec des potions, on customise ses armes, on gagne des points et on combat en alternant armes et bouclier.

Mais l'ensemble est présenté d'une façon cohérente, propre et touchante de simplicité. L'intérieur de la distillerie est juste représenté par l'image du Kid, dressé sur un escabeau et allongeant le bras afin de saisir une fiole. Et ça suffit. Bastion témoigne que créer une aventure de dimension épique demande peu de moyens. C'est le pouvoir de la suggestion.

Une équipe toute réduite

Petits moyens, car le jeu a en effet été conçu en vingt mois par une équipe de sept personnes. Par le studio SuperGiant Games, basé à San José en Californie et composé pour moitié d'anciens salariés d'Electronic Arts. C'est Greg Kasavin, ancien rédacteur en chef du site Gamespot, qui a écrit le scénario.

En octobre dernier, dans une interview à Bytejacker, il expliquait vouloir un style narratif à la manière de «Cormac McCarthy [l'auteur de La Route et de No country for Old Men] faisant de la fantasy». Il citait un autre romancier américain, William Gaddis, avec «ces personnages qu'on a l'impression de connaître juste de la manière dont ils parlent».

Et quant au style rétro «2D isométrique», qui participe au sentiment de nostalgie du jeu, Greg Kasavin renvoie à «un âge d'or des jeux vidéo» dans les années 1990, lorsque «les Japonais excellaient dans un gameplay satisfaisant en lui-même, sans qu'on ait besoin de ramasser du butin ou des succès.»

Oh et j'oubliais de mentionner la bande-son malicieuse et accoustique de Darren Korb, j'espère que SuperGiant Games la proposera en téléchargement.

- Joël Métreau

«Bastion» sur XBLA: 1200 MS points (environ 14€).

Le trailer du jeu:

 

Commentaires

Parce qu'il n'y a rien d'autre sur Xbox 360 depuis..... beaucoup trop longtemps, et que l'avenir n'est pas tres encourageant à part Kinect, Forza 3.5 et Gears of War 1.3

Écrit par : Drakko | 23 juillet 2011

Quand Netsabes parle de version française dans son twitter, il sous-entend les sous-titres (et uniquement les sous-titres), qui présentent parfois des incohérences par rapport à ce que dit le narrateur.

Écrit par : meduz' | 23 juillet 2011

Hello Meduz', merci pour ta lecture, je vais corriger cela.

Écrit par : Joël Métreau | 25 juillet 2011

J'aime bien le rendu du jeu mais sans plus..

Écrit par : Fred | 04 octobre 2011

cela ressemble à un ptit RPG avec de beaux graphismes

Écrit par : achat console batman arkham origins | 22 septembre 2013

Les commentaires sont fermés.

 
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