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05 avril 2011

«Shift 2: Unleashed» cherche la bonne carburation

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«Oh non, non, non, pas une simulation de voiture...» Quand «Shift 2: Unleashed» est arrivé entre mes mains, je n'ai pas sauté au plafond avec un titre présenté comme un concurrent direct de «Gran Turismo» et «Forza Motorsport». Car quand je prends le volant, c'est généralement pour écraser le champignon sur «Mario Kart», «Burnout» ou «Need for Speed: Hot Pursuit». Alors passer des heures à régler la suspension, les freins, la carburation ou apprendre les circuits par cœur pour glaner quelques centièmes de seconde au tour, ça m'est aussi sexy qu'un cours de trigonométrie.


La perfection nait de la répétition

Sur «Shift 2: Unleashed» (joué sur Xbox 360), mes premiers tours de pistes ne sont pas faits pour me rassurer. Un brin fanfaron, je désactive toutes les assistances au pilotage proposées, comme les vitesses automatiques ou l'aide au freinage, opte pour la vue intérieure (immersion optimale), attends le feu vert et écrase l'accélérateur comme un bœuf... pour conclure mon premier virage par un combo gravier-tonneau humiliant.

Après de nouveaux échecs lors des virages suivants, je laisse mon orgueil au stand et recommence la course en gardant les assistances au pilotage, en lâchant plus souvent l'accélérateur et en écoutant un peu plus les conseils du pilote professionnel Vaughn Gittin Jr qui m'accompagnera tout le long du mode carrière.

Et là miracle, ça va un tout petit peu mieux. La première course du mode carrière déterminant le niveau de difficulté et l'argent attribué pour se payer son premier bolide, je décide de m'appliquer et la recommence à chaque fois que je commets une grossière erreur de pilotage. La perfection nait de la répétition, affirmait le philosophe. Je finis d'ailleurs par tirer un certain plaisir, pour ne pas dire un plaisir certain, à chercher la meilleure trajectoire, attaquer une courbe avec doigté ou réaliser un dépassement à faire rougir Alain Prost.

Garage ouvre-toi

Au bout d'une de trois quarts d'heure, je finis par me contenter d'une correcte deuxième place qui me lance définitivement dans le mode carrière et m'ouvre les portes du Saint-Graal: Le garage. C'est ici que seront dépensés les dollars durement gagnés durant le mode carrière selon une équation simple. En résumé : gagner une course rapporte de l'argent, l'argent permet d'acheter une voiture, une voiture permet de gagner les compétitions MAIS les courses sont de plus en plus dures, donc l'argent permet d'acheter une meilleure voiture, une nouvelle voiture permet de gagner de nouvelles courses... et ainsi de suite jusqu'à devenir champion toutes catégories.

Pas de quoi défriser un mouton donc, mais grâce aux nombreux circuits issus de la réalité ou inventés (36 au total, la liste complète par ici), à des épreuves suffisamment variées (défis, championnat, drift, courses rétro...) et un éventail de véhicules bien garni (de la vielle Golf en passant par les Porsche, Audi, Bentley, etc.), ce «Shift 2» évite tout dérapage.

Covoiturage interdit

Côté multi-joueurs en revanche, on passe à deux doigts du retrait de permis. Si le dernier-né des studios EA reprend avec bonheur le système Autolog inauguré dans «NFS: Hot Pursuit», il commet deux grosses fautes de goût.

Tout d'abord, pourquoi se priver d'un mode deux ou quatre joueurs en écran splité? Certes, c'est cool de jouer en ligne avec des potes à distance, ou de disputer des courses face à onze adversaires, mais se tirer la bourre à quatre sur son canap' garde un charme inégalé (cf. «Mario Kart» ou «GoldenEye»): Etre gamer n'est pas synonyme de solitude.

Gagner au mérite ou sortir la carte bancaire?

Ensuite, ce «Shift 2: Unleashed» frise la sortie de piste à cause d'une décision pour le moins discutable. Lors d'une partie en ligne, il est possible d'utiliser les bolides achetés et améliorés lors du mode carrière ou de se servir des dollars gagnés dans ce mode pour se payer une voiture parmi toutes celles que propose le jeu dans son «magasin». Jusque-là, rien d'anormal, la méritocratie vidéoludique est respectée et elle récompense les joueurs les plus acharnés et performants. Sauf qu'EA permet d'acheter ces véhicules en échange de MS Points, c'est-à-dire de vrais euros sonnants et trébuchants.

Du coup, pourquoi passer des heures à suer sang et huile en mode «carrière» afin de glaner les 2.000.000 dollars que coûte une MacLaren F1 alors qu'il suffit de lâcher 160 MS Points (1,92 euros) pour se la payer et rouster tout le monde en ligne? Un peu comme s'il suffisait de payer un euro à «COD: Black Ops» pour obtenir les meilleures armes du jeu.

Plus grave encore, chaque épreuve du mode solo peut être débloquée, même si vous n'avez pas le niveau nécessaire, moyennant 1.200 MS points (14,40 euros). Du coup, les gamers les plus fortunés - et les plus feignants - auront vite fait de se constituer un garage monstrueux, alors que ceux qui ont moins de moyens - ou qui restent des puristes - galèreront beaucoup plus. Une jouabilité à deux vitesses donc, ce qui, pour un jeu de voiture, est plutôt malvenu.

– Jérôme Comin

«Shift 2: Unleashed», disponible sur PC, PS3 et Xbox 360

Commentaires

Quand (Grid racedriver 2) sortira

Il cassera tous les autres car il est encore selon moi le meilleur et très réaliste.

Écrit par : Pete | 06 avril 2011

Bonjour j'aime bien votre test. Et pour l'avoir acheté il y a quelques jours (pilote niveau 15 - Retro league en ce moment), je m'y retrouve assez dans votre texte. Par contre vous avez oublié de parler de deux critères très importants dans un jeu auto. D'abord l'I.A des concurrents en mode solo : très agressive jusqu'à la bêtise, elle ne pardonne rien et pète souvent des câbles (parfois à un tel point que dans la réalité elle se mangerait des drapeaux noirs (disqualification pour comportement dangereux)). C'est bien simple ce jeu énervera même les joueurs les plus calmes (un exemple pour appuyer mon point de vue : plutôt que de vous éviter ou freiner pour empêcher le crash par rapport à vos actions, vos trajectoires, elle vous foncera dans le pare-choc vous propulsant sur la rambarde ou dans le bac à sable. Pire, si vous lui faites une petite poussette ou un dépassement audacieux avec une touchette entre vos voitures, l'I.A s’emploiera à vous bousculer dans le décor. De l'anti-jeu ? A peine. Deuxième critère important, l'absence de phases d'essais et de qualifications. Si les essais peuvent se faire dans le mode libre (même si c'est chiant de revenir en arrière et de paramétrer sa session pour courir sur le circuit voulu), les qualifications elles sont juste indispensables pour un jeu qui se présente comme le "simu ultime" (mots affichés derrière la jaquette du jeu). Les qualifs permettent d'obtenir votre position sur la grille de départ, hors là, c'est l'ordinateur qui décide, en fonction peut-être de votre niveau, de votre position à l'arrivée de votre course précédente, de la puissance de votre voiture, de la rotation de la terre, bref... c'est moche.

Écrit par : Tornero | 06 avril 2011

Grid racedriver 2. pour moi c'est le seul jeux à la fois arcade et simul le plus fun du moment.

Écrit par : berceker united | 06 avril 2011

Pour moi ça n'est qu'un NFS : Shift 1.1.

Le meilleur jeu reste FM3 de course simu (Après avoir été grandement déçu par GT5).

Écrit par : CelticGlazik | 06 avril 2011

je pense que Gran Turismo reste le leader par naturel de la simulation de driving car

Écrit par : réserver console GTA 5 | 04 septembre 2013

Les commentaires sont fermés.

 
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