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15 décembre 2010

Festival Gamerz, ou l'art par le grand bout de la manette

 

Une sphère jaune aux allures de Pacman, la bouche remplie de sucreries, dégorge ses pac-gommes. Un peu plus loin, deux jeunes adultes masturbent frénétiquement des Wiimote pour encourager la reproduction de deux couples de pandas à l'écran. Ailleurs, un robot apparemment buggé répondant au doux nom de «Projet Nadal» crache des balles de tennis dans toutes les directions, qui immanquablement rebondissent et lui retombent dessus.

Maison de fous? Planète geek où le temps se serait arrêté? Non. Bienvenue au festival d'art numérique Gamerz, à Aix-en-Provence, qui invite les artistes à jouer avec les codes du jeu vidéo et à les détourner pour proposer des réflexions sur la société.


«Nous avons tous baigné dans cet univers»

Parmi la soixantaine d'œuvres exposées par 85 artistes, «Super Soldiers Industries», de Ewen Chardronnet, qui évoque les liens entre industrie du jeu vidéo, industrie militaire et industrie pharmacologique. Son installation présente un faux stand de salon de l'armement. Sur une étagère, les drogues les plus couramment utilisées sur les soldats: contre le sommeil, pour l'endurance, contre le mal des transports, pour gérer le stress post-traumatique ou carrément effacer la mémoire.

A côté, un jeu vidéo. Le moteur d'«Unreal Tournament» y est modifié pour simuler le comportement du soldat surspeedé, sous amphétamines. Plus le spectateur/joueur tente de le diriger avec la manette, plus le jeu est buggé et le soldat devient fou, court partout et se cogne aux murs.»

Pourquoi avoir choisi le jeu vidéo? «Nous avons tous baigné dans cet univers, explique Quentin Destieu, le directeur artistique du festival. Et sans être forcément des joueurs invétérés, nous nous sommes nourris de ces sonorités, de ce type d'images.»

«Le public est très varié»

But avoué: attirer aussi des visiteurs qui d'ordinaire ne mettent pas les pieds dans les expositions d'art. «Le public est très varié, poursuit Quentin Destieu. Ce sont notamment des gens qui ne connaissent rien à l'art contemporain et qui, par l'enjeu ludique des œuvres présentées, rentrent dedans et renouent des liens. Nous aimerions en faire un art social et populaire.»

Pari réussi pour Quentin Destieu et ses compères Romain Senatore et Sylvain Huguet du collectif Dardex-Mort2faim, tous les trois issus des beaux-arts d'Aix-en-Provence. Au fil des ans, Gamerz a muri, s'est beaucoup enrichi et diversifié. Pour sa sixième édition, ouverte jusqu'au 19 décembre, le festival présente des œuvres dans huit lieux de la ville et propose une série de conférences. Un pont 8-bits entre les cultures.

– Mathias Cena

Retrouvez les interviews sonores des artistes ici.

Commentaires

Super article pour l'époque !

Écrit par : pré-commander jeu GTA 5 | 02 septembre 2013

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